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Le blog de bea-ba-bordeaux-mexico.com

Articles avec #des idees pour lire...

Le jeu des ombres

31 Août 2014, 09:56am

Publié par bea

Le jeu des ombres, un livre de Louise Erdrich, Livre de Poche, avril 2014, paru chez Albin Michel en 2012 et aux Etats-Unis en 2010 !

Le jeu des ombres

Une famille presque ordinaire, trois enfants, deux chiens, Gil, papa peintre et Irène, mère historienne et modèle.

Un artiste peut-il utliser le corps de sa femme pour élaborer son oeuvre ?

Sa femme est le sujet d'une série de portraits, elle est magnifiée, avilie...

Comment fait-elle pour accepter que son corps soit utilisé, mis à nu de cette façon?

Louise Erdrich démontrer la force de la peinture que l'on ne peut qu'imaginer à partir de ses mots. On a presque envie d'aller chercher sur la tolle des oeuvres de Gil...

Mais que cherche Gil ? Argent, gloire, reconnaissance ?

Le jeu des ombres

L'auteur est une des figure majeure de la littérature des natifs des Etats-Unis, les Amérindiens, massacrés puis mis en réserve et aujourd'hui, avec l'argent des casinos, une nouvelle ére a commencé pour eux. Depuis peu. Ils peuvent faire entendre leurs voix.

Et quelles voix !

Celles d'hommes et de femmes qui trouvent ou retrouvent une place sur leurs terres...

Ce livre apprend beaucoup sur l'Amérique des origines, avec Irène, nous nous enfonçons dans une histoire faite de mensonges, de rêves. Elle est héritière de cette histoire des Indiens d'Amérique. Gil, fils d'une brève liaison d'une Blanche et d'un Indien, est à la recherche des ses origines paternelles.

Irène est, en quelque sorte, une porte vers le monde Indien, son amour, la mère de ses enfants, le sujet principal de ses toiles. Objet d'amour et de haine à la fois.

 

Le talent de Louise Erdrich ne s'arrête pas à l'évocation de sa communauté d'origine, non, elle pose des questions à chacun de nous, sa littérature est universelle.

S'il est beaucoup question d'art dans ce livre, la famille est l'autre grand sujet. L'amour, la passion, la violence dans le couple, comment vivent les enfants entre deux parents "monstres" dans le sens d'"extraordinaire".

Avec cette histoire de deux journaux intimes tenus par Irène, elle dévoile une histoire complexe d'une relation entre deux passionnés, la manipulation d'une femme sujet/objet de son mari...

Violence, alcool, amour, enfants, cuisine, tout se mêlent et reflètent une vie qui n'est pas vraiment ordinaire mais qui veut se couler dans une vie "normale"...

Du début à la fin, le lecteur est tenu par la curiosité, une tempête se prépare et comme à chaque fois, il y a des disparitions, des êtres abimés...

Le jeu des ombres ?

Un jeu d'enfants spontané, je marche sur ton ombre et tu as perdu !

Qui n'a pas joué à ce jeu ?

Le jeu des ombres

Un livre touchant, plein de grace, de finesse et de fureur.

Merci aux éditions du Livre de Poche pour leur confiance, là, je suis un peu en retard... lecture de juillet !

Mais l'été passe si vite...

Bonne lecture à tous et toutes avec ou sans plage...

Béa

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Retour du livre de plage : L'élixir d'amour

13 Août 2014, 20:41pm

Publié par bea

Titre du dernier livre d'Eric-Emmanuel Schmitt !

Retour du livre de plage : L'élixir d'amour

Ce n'est pas un auteur que j'affectionne particulièrement mais je le lis souvent tout de même !

Et je dois dire, qu'il est parfait pour la plage, tout comme l'était La femme au miroir, il y a un an, déjà.

Alors petit livre de 156 pages, lu en 2 heures.

Trop forte ?

Non !

Curieuse, c'est tout.

Et le roman n'est qu'une suite de lettres entre deux anciens amants qui échangent autour de la question : pourquoi tombons-nous amoureux, existe-t-il une potion magique ?

 

Retour du livre de plage : L'élixir d'amour

L'homme, Adam, est psychanalyste à Paris.

La femme, Louise, juriste à Montréal où elle vient d'emménager suite à leur rupture.

C'est lui qui désire rester amis et continuer une relation épistolaire.

A un moment, il y a une petite évocation des Liaisons dangereuses auxquelles on ne peut éviter de penser, mais n'est pas Choderlos de Laclos qui veut. 

Eric-Emmanuel Schmitt reste dans l'amusement, la légèreté, tout en restant dans le sérieux. Ecriture leste et maîtrisée, là aussi n'est pas Eric-Emmanuel Schmitt qui veut.

Cet échange de lettres donne l'occasion à chacun d'exposer sa vision de l'amour.

Pour Adam, l'homme :

Les hommes font l'amour pour jouir, pas pour dire qu'ils aiment.

Le temps n'est pas l'allié de l'amour, il ne favorise que l'amitié.

Les femmes aiment parler d'amour, les hommes le font.

Que peut répondre une femme ?

Pourquoi les hommes donnent-ils toujours l'impression de mépriser celles qu'ils désirent ?

On peut être maître de ce que l'on pense, jamais de ce que l'on ressent.

Vous trouvez ces assertions "faciles" ?

Peut-être, mais elles sont l'occasion, peut-être, d'échanger points de vue avec un homme ou entre amies justement. Et la plage est un lieu qui se prête bien à ce genre de conversations futiles et si importantes à la fois.

Pour finir avec une touche positive, la petite touche qui peut surprendre c'est l'intervention d'une jeune Canadienne. Occasion de confronter deux visions de l'amour par deux femmes issues de deux mondes.

Louise résume ainsi une des différences culturelles entre les deux femmes, Européenne et Nord-Américaine :

A tes yeux, le succès consiste à conquérir ; aux miens, à conserver. Quelle différence !
Qui a tort ? Qui a raison ?
Aucune de nous deux.
L'amour échappe à la logique, n'appartenant ni aux raisonnements, ni aux preuves, ni à la réalité : il relève du choix personnel.

Cette dernière phrase me donne envie de clore ce billet.

Mais avant, il faut savoir que le titre est inspiré d'un opéra créé en 1832 par Gaetano Donizeti, MIlan.

Un jeune homme achète un élixir d'amour qui se révèle être du vin de Bordeaux...

Je vous laisse découvrir celui du roman...

Et l'amour est comme le ciel du moment, parfois lumineux et clair, à d'autres, un peu...

Retour du livre de plage : L'élixir d'amour

... compliqué ou pas, je vous souhaite de bonnes lectures à la plage ou pas !

Bea

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Le camion qui livre est arrivé !!!

29 Juillet 2014, 15:16pm

Publié par bea

Il est arrivé où ?

Place Thiers, sous les drapeaux noir-jaune et blanc

Le camion qui livre est arrivé !!!

A Arcachon où le camion va rester trois jours.

 

Le camion qui livre est arrivé !!!

Il va rester deux jours sur la place Thiers : 29 et 30 juillet, puis le 31 déplacement vers la jetée du Moulleau... avant de poursuivre ses aventures sur les plages de France...

Vous pouvez vous rendre voir les équipes du Livre de Poche et de la Librairie Génarale d'Arcachon, de 10h à 21h. 

Tout le monde vous attend et en plus, il fait beau pour profiter de la plage après avoir choisi son livre...

Le camion qui livre est arrivé !!!

Ce soir, je vous parle de mon coup de coeur de la semaine ! Et du camion...

Bonne journée avec ou sans plage...

Béa

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La fille de mon meilleur ami.

1 Juillet 2014, 18:52pm

Publié par bea-ba

Non, je ne vais pas vous parler de la fille de mon meilleur ami...

C'est le titre d'un livre !

La fille de mon meilleur ami.

Livre court et vite lu !

L'intrigue ? Tout est dit dans le titre et sur la quatrième de couverture

La fille de mon meilleur ami.

L'homme, Wiliam Bonnet, va connaître la fille de son meilleur ami et à partir de là, sa vie va prendre une tournure plutôt surprenante.

Mathilde veut voir son fils, il n'y a a pas à discuter ! Roméo a 5 ans et croit que sa mère est Sheila, la nouvelle épouse de son père, Anthony.

William Bonnet va alors prendre la route avec elle, direction Savigny-sur-Orge, enfin au sud de Savigny...

Là, notre "couple" s'arrête dans un motel, Mathilde se fait remarquer dès leur arrivée, William fait tout pour que la mère rencontre son enfant. Mais pourquoi ?

Quelles sont les réelles motivation du "meilleur ami de son père" ?

 

La fille de mon meilleur ami.

156 pages et un rythme rapide, le parfait petit livre pour la plage !

Oui, mais pas que...

Des surprises, une écriture vive et fluide qui vous mène là où l'auteur veut, pour notre plus grand plaisir. Nous croyons avoir compris les motivations des personnages, mais non... du début à la fin, Yves Ravey nous promène, tout comme son personnage principal.

J'ai pris place sur le bord du fauteuil. J'ai dit : cette amie qui m'envoie... m'a confié une mission... délicate, je vous explique... nous sommes très proches, elle et moi. Je connaissais bien son père, c'était mon meilleur ami... vous voyez ce que je veux dire... ? Elle a eu un geste de la tête qui signifiait qu'elle ne comprenait rien, mais alors rien du tout.

desNe  pas négliger le fait que le livre est paru aux Editions de minuit, une maison exigeante où la qualité de la plume, du style, sens de l'intrigue sont toujours au rendez-vous.

L'auteur, Yves Ravey, professeur d'art plastique et de français n'en n'est pas à son premier coup d'essai, il s'agit de son douzième roman. Un héritier de Simenon, plébiscité par Pierre Assouline, Philippe Claudel... Pas mal du tout commes parrains.

C'était ma découverte littéraire de la semaine !

Une petite pépite qui nous parle de notre monde d'aujourd'hui, des personnages qui sont des anti-héros.

Un livre qui se lit avec bonheur du début à la fin. Et surtout, pas de curiosité pour les derniers mots, il faut jouer le jeu, commencer par le début et lire sagement...

Bonne lecture à tous et toutes.

Béa

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Livre de plage 2014 : Les gens sont des gens...

2 Juin 2014, 21:22pm

Publié par bea-ba

Pour ouvrir cette nouvelle saison "Livre de plage" 2014, rien de tel qu'un petit livre :

Les gens sont des gens de Stéphane Carlier, version poche chez Pocket, mai 2014 ou éditions Le Cherche Midi, 2013.

Livre de plage  2014 : Les gens sont des gens...

Un petit livre de 150 pages à grignoter sur une plage, tram, café... 

Facile à lire, surprenant, vous pouvez arrêter votre lecture à tout moment, mais vous n'avez hâte que d'une chose : la reprendre dès que possible !

Résultat livre lu en 3 heures et... 3 jours... je dois l'avouer...

Un livre pour les amis des bêtes ?

Si vous trouvez plein de qualités à votre animal de compagnie, ce livre est fait pour vous !

Pour ceux qui aime les bêtes mais pour qui "un chat est un chat" (clin d'oeil à Ba, Zabou et tant d'autres...), ben... ce livre reste surprenant et complètement loufoque.

Après... pourquoi un petit cochon n'aurait pas de vertus thérapeutiques sur des dépressifs ? Le livre fermé, on reste à rêver de cliniques animalières pour recevoir les patients qui pourraient emprunter un animal en fonction de sa douleur...

Pourquoi pas !

Livre de plage  2014 : Les gens sont des gens...

Pour ma part, j'ai eu du mal à imaginer que cette histoire puisse se dérouler dans la "vraie vie"... mais l'auteur joue là dessus, justement.

L'installation d'un cochon dans un appartement parisien, cosy, du 6ème arrondissement... et bien... j'ai eu du mal à adhérer, mais il faut dire que l'écriture de Stéphane Carlier est très cinématographique et après tout, je suis arrivée à imaginer un film, une comédie avec Thierry Lhermitte pour jouer le mari de notre psychanaliste.

Marie France Pisier, si elle était toujours de ce monde... C'est que pour le rôle de Nicole, il faut trouver une actrice de 66 ans, menue, classe et que l'on n'arrive pas à imaginer en train de voler un petit cochon...

Vous l'avez compris, ce petit roman est terriblement cinématographique !

Livre de plage  2014 : Les gens sont des gens...

Donc, un petit livre réussi, de là à dire que ce roman est un antidépresseur... peut-être pour certains, pour moi, c'est la plage avec le soleil le meilleur antidépresseur. Un cochon... toujours pas convaincue !

 

A vous de vous faire une idée et puis de multiples thèmes sont abordés aussi, l'amitié, la solitude,  le couple, l'homosexualité refoulée ou pas.

 

Bonne lecture à la plage ou pas !

 

Bea

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LDP du mois : L'intensité secrète de la vie quotidienne

28 Mai 2014, 17:34pm

Publié par bea

Vite vite...

Voici le livre du joli mois de mai :

L'intensité secrète de la vie quotidienne de William Nicholson, éditions Livre de Poche, mai 2014.

Un titre long et percutant à la fois qui laisse rêveur.

LDP du mois : L'intensité secrète de la vie quotidienne

Nous vivons ensemble, au travail, dans les transports public, dans des villages ou des villes.

C'est le point de départ de William Nicholson, les vies s'entrecroisent ou se frôlent. Chaque individu a ses secrets, les enfants ont leurs soucis, chagrins, tout comme les adultes, chacun pense que personne ne peut l'aider, et pourtant...

Le livre se déroule sur 6 journées, dans le Sussex, au début d'un printemps qui semble bien frais, un peu comme pour nous en ce moment. 

A chaque chapitre, un narrateur (comme pour Avant la chute...) avec ses problèmes, ses pensées.

ll y a tout d'abord, les membres d'une petite famille. Laura, 40 ans, son quotidien est perturbé par l'arrivée d'une lettre de son premier amour, Nick. Henry, mari de Laura, documentariste, malheureux de ne pouvoir subvenir aux besoins de sa famille sans l'aide de sa belle-famille. Cet homme droit se pose des questions sur la fidélité, la polygamie de certains de ses confrères, le désir éprouvé pour une assistante, une voyageuse assise à côté de lui dans le train.Jack, enfant du couple Henry-Laura, veut être considéré par Toby, petit chef de groupe du collège. Carrie, la petite soeur qui se cherche une place, elle aussi, mais dans la voiture de sa mère...

Une mère célibataire, Elizabeth, journaliste. Partagée entre son travail, sa fille, le père de sa fille, son attirance pour... Sa fille Alice, persécutée par une autre fille de son école, sauvée par son professeur d'Anglais. La mère d'Elisabeth, caractère renfrogné, quittée par son mari depuis longtemps, elle en veut à sa fille de ne pas avoir voulu du père de sa petite-fille, son compagnon est un petit chien qui hélas...

Le professeur Alan, ses ambitions d'écrivain, ses constats face aux inégalités si criantes dans cette campagne paisible d'Angleterre. Sa voisine qui se perd dans sa solitude.

Le pasteur de la paroisse face à des doutes incommensurables face à ses ouailles. 

Le fermier qui lutte face à l'arrivée massive de ces "rurbains" qui viennent envahir son village, ses champs. Il mène une guerre silencieuse contre ces citadins en mal d'exotisme rural...

Point commun de tous ces personnages, ils vivent tous autour ou dans un village nommé Edenfield.

William Nicholson nous montre le quotidien de tous ses personnages avec amour, délicatesse. Pourquoi ?

 

Ce que je veux démontrer dans mes livres, c'est que comprendre les autres véritablement et avec compassion nous libère de nos peurs et de nos haines, et nous mène à l'amour. Or il n'y a que la possibilité d'aimer et finalement, le fait d'aimer qui font que la vie vaut la peine d'être vécue.

Auteur britannique de 66 ans, documentariste, puis scénariste pour la BBC et pour le cinéma, son film le plus connu : Gladiator... Jeune, il a écrit mais sans succès, il a repris l'écriture sur le tard et éditeurs et lecteurs sont au rendez-vous.

 

Son succès d'aujourd'hui, il le doit a sa capacité à nous mettre un miroir dans les mains avec ses pages.

578 pages à dévorer ou à déguster, selon son humeur, tempérament.

William Nicholson nous livre ses réflexions sur la vie, le monde d'aujourd'hui.

LDP du mois : L'intensité secrète de la vie quotidienne

Les chapitres sont courts, brefs, des invitations pour survoler la vie de chacun, avoir un aperçu des uns et des autres.

Lecteurs, nous sommes comme des observateurs de la vie de ce village. Nous ne savons pas comment les choses vont évoluer, puisque chaque personnage est dans le questionnement de ce qu'il peut bien pouvoir faire.

La force de ce roman est qu'il a beau se dérouler dans la campagne anglaise, il facile de le transposer en France ou bien ailleurs, les thèmes abordés sont universels au monde occidental.

LDP du mois : L'intensité secrète de la vie quotidienne

Tous les protagonistes ont la même idée en tête : ils cherchent à être heureux.

C'est bien une quête d'amour que l'on ressent au fil de ces 6 journées. 

Et comme dans la vraie vie, il y a de quoi rire, s'émouvoir ou pleurer.

LDP du mois : L'intensité secrète de la vie quotidienne

Un livre idéal pour la plage !

Ou à lire en terrasse, ou au coin du feu...

LDP du mois : L'intensité secrète de la vie quotidienne

Bonne fin de semaine à tous et toutes.

Et merci au Livre de Poche pour cette découverte.

 

J'oubliai !

Ce livre rappelle un autre... certainement écrit dans cette même région d'Angleterre... Mrs Dalloway de Virginia Woolf... une certaine idée de l'emprise du quotidien sur nos gestes, quotidien où se même l'ordinaire et l'extraordinaire d'une vie... mais au moment où nous agissons, savons-nous que l'instant sera déterminant, aura un impact sur notre vie et celles de notre entourage ?

LDP du mois : L'intensité secrète de la vie quotidienne

Bea

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LDP du mois : Avant la chute

9 Avril 2014, 20:23pm

Publié par bea-ba

Nouvelle découverte : Fabrice Humbert !

Vous connaissez ?

Moi, pas du tout, avant ce livre...

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Petite mise en scène pour vous présenter ce livre de Fabrice Humbert, Avant la chute, chez Le Livre de Poche, édition 2014.

Première publication aux éditions Le Passage, en 2012.

Si je vous dis que j'ai aimé ce livre, c'est peu dire, je l'ai adoré ! Il y avait longtemps que je ne m'étais pas engouffrée aussi vite dans une histoire...

 

Plusieurs raisons.

 

La construction : trois histoires parallèles.

Une en Colombie, l'histoire d'une famille de paysans dans un décor magnifique, on se souvient des images (oui, je me fais des films avec certains livres...) des livres de Gabriel Garcia Marquez. Deux petites filles grandissent, Norma et Sonia, entourées de parents aimants. Mais le père doit se soumettre à de nouveaux maîtres en treillis qui ordonnent la plantation de cocaleros. Quelques années plus tard, l'armée arrive... Milice, narcos, militaire... Tout s'emmêle dans cette jungle paradisiaque transformée en enfer. Les deux adolescentes, pour survivre, s'embarquent dans un voyage épouvantable (le mot est faible)...

La seconde, au Mexique, Fernando Urribal, sénateur, assiste à une conférence sur l'organisation de la guerre anti-drogue menée par le président Calderon. Cet homme, ancien priiste (voir plus bas) voit son monde s'effondrer, un monde fait de violences mais celle qui lui succède est pire...

La troisième, en France, un jeune adolescent, Naadir, élève brillant qui se plaît à lire L'Etranger. Il a deux grands frères, l'aîné, Karim, est un caïd respecté dans la Cité. Mounir, le cadet, se cherche une place, nul à l'école, il martyrise Naadir. Les parents sont silencieux, ils assistent à la dérive des deux grands, impuissants. La cité est calme et explose tout d'un coup. Le malheur s'abat sur elle, en même temps sont arrivés deux Mexicains, un hasard ?

 

L'écriture.

Dès le premier chapitre, nous sommes piégés par cette écriture au rythme calme, une simplicité qui laisse libre l'imagination : "Ils avaient travaillé dur. Ils avaient coupé les hauts arbres, les mules avaient tiré les troncs à l'écart du terrain, et ils avaient brûlé les souches avant de les arracher...".

Une écriture qui s'emballe : "Au fond rien ne changeait. Ils plantaient, sarclaient, bêchaient, épiaient la pluie et le soleil. Les plantes poussaient, les filles poussaient et c'était toujours le silence et la nature, le bruissement de la pluie et le jaillissement de la source, dans la forêt primitive. Ils menaient une vie que des centaines de générations (... ) avaient connue avant eux...".

Ecriture neutre pour décrire l'indicible : "Les détonations cessèrent. Des cris retentirent sur le terrain. Emmanuel s'habilla puis ouvrit prudemment la porte. le doigt sur la détente, l'air nerveux, un détachement de soldats encadrait des paysans qui coupaient les plants de coca à la machette. le coeur serré, il contemplait la destruction de son existence.".

Tout le livre est construit de cette façon, tout est calme, l'horreur s'installe en toute tranquillité, jusqu'au moment où elle bouscule tout, partout.

 

L'histoire ou l'Histoire.

Oui, ce livre est un livre d'Histoire. 

Histoire politque du Mexique, avec explication de ce qu'était le PRI (Parti Révolutionnaire Institutionnel), son ancrage dans la société mexicaine...

 

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(siège du PRI de Puebla)

 

Ses relations avec les différents cartels, ses méthodes pour contenir la violence... Son rôle dans la crise économique mexicaine de 1994. Il est question de Salinas de Gortari, un beau nom pour un roman...

 

Le succès du PAN (Parti d'Action Nationale). Parti qui a mis fin au règne du PRI, un succès pour la démocratie. Le premier Président élu, Fox (ancien pdg de coca cola au Mexique, ça ne s'invente pas... est évoqué, avec ses allures de cow-boy. Nous n'entendrons que le nom de Caldéron, deuxième Président, c'est ce dernier qui a déclenché la guerre contre les narcos...

 

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(fête organisée par le PAN)

 

Une dose de géographie, d'économie.

La place du Mexique dans la mondialisation. Les géographes qui étudient la mondialisation évoquent ce phénomène sanglant qui prend une place de plus en plus importante dans nos économies, sans que nous le sachions, 80% de l'économie mexicaine est infiltrée par les capitaux des Cartels, on parle alors d'économie grise... et l'économie mondiale suit à peu près le même chemin, le trafic de drogue ne s'arrête pas aux frontières mexicaines.

La guerre anti-drogue du président Calderon = 60 000 morts violentes entre 2006-2011. Un conflit plus violent que celui en Irak ou en Afghanistan...

Le trafic de drogue au Mexique ? Voir un très bon article du Monde, un peu ancien, mais toujours valable, je pense...

 

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"Il y a une géographie de la drogue. Tout est toujours affaire de géographie..." p.87.

 

 

L'actualité du roman.

Qui connaît La Bestia ? Ce train traverse le territoire mexicain, sur ses toits, des migrants venus d'Amérique centrale ou de plus loin... avec à ses trousses, des bandes comme celles des Maras. Quand on tombe de ce train, on peut mourir, perdre un bras, une jambe... c'est peut-être mieux que d'être pris par ces bandes composées de très jeunes gens, adolescents recouverts de tatouages qui ne connaissent qu'un seul langage, la violence.

Norma et Sonia nous font vivre l'horreur de ce voyage, elles veulent traverser ce "pays de prédateurs" pour aller vers un avenir plein de promesses...

 

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Un pays si beau, si grand et si riches en dangers.

Depuis quelques années, les Mexicains évoquent avec tristesse, la colombanisation de leur pays. Norma et Sonia fuient une violence qu'elles vont retrouver amplifiée...

 

 

Fabrice Humbert expose tous les mauvais côtés du Mexique, nous sommes loin des beaux quartiers de Mexico DF...

 

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La ville tentaculaire attire autant qu'elle rejette...

Comme toutes les villes du monde, nous avons chacun nos ghetthos. En France, nous avons nos Cités, la pauvreté s'y installe en silence depuis des années, seules la Police et l'Education Nationale font face à des situations désespérées. Là (las/hélas), c'est notre actualité, mais il faut attendre des explosions de violence pour "les" voir.

 

Pour information, Fabrice Humbert est agrégé de Lettres et a commencé sa carrière dans des quartiers difficiles.

 

Cet excellent livre a ses limites, tout de même... il va loin pour nous rendre proche cette violence née en Amérique centrale (si j'ose dire). En implantant deux trafiquants mexicains dans une Cité aux portes de Paris, au moment où tout explose. En nous faisant croire que la barbarie qui a lieu à plus de 10 000 kilomètres de nous peut s'installer dans nos banlieux... 

 

Mais la question essentielle posée par l'auteur est celle-ci : "Le monstre sait-il qu'il est un monstre ?

 

Un livre qui fait froid dans le dos.

Je vous conseille cette lecture, au calme, dans un décor apaisant...

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Bonne lecture et merci aux éditions du Livre de Poche 

Bea

 

 

Et gros-petits soucis avec overblog...

Article préparé avec l'ancienne formule, avec "kiwi", censé être "plus facile "mieux" etc.... impossible d'enregistrer de nouvelles photos !!!

Du moins de les situer à la bonne place... voir ci-dessous... Fabrice Humbert devait aller plus haut... en fait, il n'est plus ! 

Vous l'aurez compris, je déteste "kiwi-truc-chose" ;-)

 

LDP du mois : Avant la chute

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La tête de l'emploi !

7 Mars 2014, 11:37am

Publié par bea

Une histoire avec un Bernard et une Nathalie, vous y croyez ? Pourquoi pas Didier et Sylvie ? Ou... d'autres prénoms qui fleurent bon les années 1950-60, un temps où quand nous naissions nos parents ne se doutaient pas que nous connaîtrions l'horreur de la crise, le grand chambardement de la nouvelle économie, etc.

Non, nos parents, ne pensaient alors qu'à une chose, la guerre était derrière eux ou... ils en vivaient une en espérant qu'elle finisse très vite (même s'il lui a fallu 8 ans !).

L'espoir d'un monde meilleur existait alors.

Les parents des années 1950-60 n'envisageaient certainement pas que leurs petits alllaient revenir dans leurs chambres d'ado. arrivés à la cinquantaine !

Et c'est  bien ce qui arrive au anti-héros du dernier livre de David Foenkinos...

 

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La tête de l'emploi, chez J'ai lu, version semi poche, une nouveauté avec un prix entre deux : 12,50 €.

Souhait de l'auteur que de voir son livre paraître sous ce format. Temps de crise oblige, c'est gentil de penser au rétrécissement de nos budgets... et c'est bien en phase avec le sujet de son livre !

Faire face à la crise n'est pas évident, surtout quand on n'y est pas préparé comme Bernard, cinquante ans, conseiller financier, sa fille part au Brésil, sa femme en profite pour lui signifier qu'il est temps de faire un "break", son employeur le pousse à l'erreur professionnelle, ses économies fondent à vue d'oeil et notre Bernard atterri chez papa-maman...

Je vais vite ? 

Mais le monde va vite, enfin, pas partout...

 

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Un livre idéal pour l'avion, il se lit rapidement si l'on veut et en vacances, il est re-po-sant (malgré tous les tracas vécus par le personnage principal) par rapport au "Diable...".

Car avec l'auteur de La délicatesse, nous savons que nous ne vivons pas dans un monde où tout est rose, mais ses histoires se finissent toujours bien et ça fait du bien même si ça peut paraître mièvre.


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Un livre qui porte un regard amusé sur notre époque.

On pourrait croire que David Foenkinos force le trait en nous faisant croire que son Bernard ne saisit pas l'intérêt de skype, faire croire à sa fille qu'il est à Poitier alors qu'il est dans sa chambre d'ado., mais renseignements pris, il y en a qui ont fait plus fort... 

En fait, l'auteur colle vraiment bien à son temps et en le lisant nous pouvons nous dire que notre vie mériterait un livre tellement tout nous parait si proche.

 

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Livre-vitamines !

Oui, car il nous fait rire, rire des malheurs de Bernard, rire du monde d'aujourd'hui.

Tous les tracas des générations sont représentés dans cet ouvrage.

La fille veut dicouvrir le monde mais... le bonheur n'est jamais forcément très loin...

La femme de 50 ans veut savoir qu'elle peut encore vivre la passion... commencer une nouvelle vie...

L'homme de 50 ans doit se ré-inventer, bon, il y est un peu obligé.

Les parents veulent vivre une retraite paisible dans leur appartement de toujours, entourés de leurs amis, mais les enfants de 50 ans ne sont plus de tout repos. Et ça, ça dérange et remet en cause le train-train...


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Le message de ce livre : notre monde peut s'écrouler, à chacun de le reconstruire à sa façon.

Et ne jamais oublier que le soleil est toujours là, même derrière les nuages... 

Il n'est jamais trop tard pour bien vivre !


Bea

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LDP du mois : Le diable tout le temps

2 Mars 2014, 23:32pm

Publié par bea

Les mois se suivent et ne se ressemblent pas !

C'est comme ça la vie... et en matière littéraire, c'est idem !

Après les Caraîbes de Lilette en janvier, les histoires d'amour de février, voici un policier destructeur, et ce n'est rien de le dire.

 

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Livre du mois : Donald Ray Pollock, Le diable tout le temps, LDP janvier 2014.


Comment présenter ce livre, alors que l'on se trouve au paradis ?

Pourquoi l'avoir choisi d'abord ?

Tout simplement parce qu'il changeait radicalement des précédents et qu'il était très prometteur.

Elu Meilleur livre de l'année par Lire et L'Express, Grand Prix de littérature policière, Prix Mystère du meilleur roman étranger, lauréat du trophée 813 (meilleur roman étranger)... Bref, une pluie de prix et de louanges, tant de la presse américaine que française, de quoi susciter ma curiosité.

 

Seul problème avec ce genre de publicité c'est que les attentes sont énormes...

Le titre à lui tout seul est très évocateur. Et sur ce point, pas de déceptions. 


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Dès le début, Nicolas Ungemuth du Figaro Magazine, nous prévient  :

"C'est un roman monstrueux qui se subit comme un fléau biblique dans une langue d'un autre temps. On n'a rien lu d'aussi dévastateur depuis des années."

 
Et c'est tout à fait ça !

 
Donald Ray Pollock nous fait pénétrer dans l'Amérique profonde des années 1950-60.

Nous suivons les aventures d'êtres malchanceux comme Willard qui revient de la guerre du Pacifique complètement traumatisé. Nous croisons d'autres personnages terrifiants tant ils sont malsains, laids, des prédicateurs pervers ou tarés, au choix, un photographe qui recherche des modèles hommes avec une idée de la beauté dans la souffrance qui dépasse tout...

Tous ont en commun une idée bien particulière du sens de la vie.


Heureusement, de temps en temps, il était agréable de lever la tête pour bien vérifier que le ciel était bleu et l'air léger...


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Car Donald Ray Pollock nous embarque bien dans un livre qui sent le souffre de l'enfer...

 

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A chaque page, nous découvrons ce que l'homme peut inventer pour faire le mal... 

Ce livre rappelle les grandes plumes de la Beat Generation, une Amérique défunte ou que l'on espère bien disparue.

L'écriture est vive, crue, dense.

On reste le souffle couppé avec une envie féroce de jeter ce livre et de le terminer à la fois.

Le jeter pour toutes les horreurs que l'on peut y lire, le dévorer pour savoir comment tout ça va se finir ! Même si l'on sait qu'il n'y a pas d'issue heureuse possible à autant de noirceur.

Un livre "costaud" !

En totale rupture avec mon environnement du moment...

Ambiance Caraïbes de Lilette !


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Et c'est bien là les vertus de la littérature, être transporté loin de son quotidien, de ses préoccupations. Voir / imaginer un autre monde pour apprécier au mieux le notre...

 

Bonne semaine à venir.

Bea

 

et merci aux éditions du Livre de Poche :

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LDP du mois ! Putain d'Amour...

13 Février 2014, 16:18pm

Publié par bea

 

Nous sommes en février, le 13, un jour avant le 14, date de la St Valentin...

Date anniversaire des amoureux et pour ceux qui ne le sont pas... tant pis !

Ou alors, bien au contraire, réjouissez-vous, jetez-vous sur ce livre, sélection du Livre de Poche de février :

   

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Putain d'Amour, ouvrage collectif, Tiffany Gassouk et Marie Autier ont donné "carte blanche aux nouvelles voix", blogueurs ou/et jeunes écrivains comme Titiou Lecocq...


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Graphistes...


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Photographe, scénaristes comme Kyan Khojandhi et Bruno Muschio, célèbre duo de Bref...


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Résultat, je ne connaissais que trois "auteurs", le troisième, Le Gorafi !


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Pourquoi tous ces jeunes talents réunis dans ce livre ?

Pour célébrer l'Amour ?

Il y a "Putain" avant, donc...

La question est "Mais putain c'est quoi l'amour de nos jours ?"

Chacun y va de sa plume, pardon, de son clavier, ou de son crayon...

Ces trentenaires brillants sont porteurs d'une vision de notre époque quelque peu déchantée, mais pas que...

 

Comme rappelle si justement, Le Crew des Haterz ( blogueurs, auteurs, gros jaloux...) : "dans le fond, personne n'y comprend rien, mais tout le monde pense détenir un bout de vérité".

 

Amour moteur plutôt que frein... pour Arnaud Le Guilcher, après beaucoup de cynisme, la question se pose, que vaut-il mieux "être seul au  coeur du monde ou être seul à deux" ?  

 

Il est facile de dire : "les histoires d'amour finissent toujours mal" mais est-ce une raison de les éviter ? p.63. Vous avez le choix avec le jeu de l'amour et du hasard.

 

Ma nouvelle préférée : La joie des slips troués de Maïa Mazaurette (... Viking en formation...), ces deux dernières lignes :

"Je ne suis plus amoureuse, je suis enfin libre.

C'est un matin merveilleux." 

Mais ne vous méprenez pas, elle parle d'un amour qui va au delà de l'amourette, elle évoque celui qui dure... mais je ne vous en dirai pas plus. Nouvelle à lire !

20, 30, 40, 50, 60 ou plus, il n'y a pas d'âge pour le bel amour... celui qui nous habite et qui fait face au quotidien.


Sujet éternel... philosophes, poètes se sont penchés sur ces 5 lettres.  Février est l'occasion de questionner ce joli mot qui peut poser problème ou être source de joie.


Il est facile de reprocher l'aspect commercial de la St Valentin, peut-être serons-nous (bientôt) touchés par la fête des célibataires, le 11 novembre (11-11). C'est le jour où les sites commerciaux explosent leurs chiffres d'affaires en Chine...

Finalement, la St Valentin a quelque chose de rassurant ! 

Non ?

 

Bonne soirée à tous et toutes, en solo ou en duo.

Et le premier amour doit être celui que l'on porte à soi-même, vous ne croyez pas ?

Bea

 

ps : je réponds bientôt aux commentaires... merci à tous et toutes de vos lectures et remarques.

 

 

 

 

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